Rituels de départ
- L'école Isabelle Pitre Coaching Inc.

- 16 févr.
- 2 min de lecture

Après une courte pause, me voilà de retour, en pleine remise en question. Je fais un peu de ménage dans ma mémoire interne et je m’interroge sur nos rituels de départ, sur la manière dont nous disons adieu à ceux qui quittent notre vie.
J’ai accompagné des personnes très proches dans la perte d’un être cher. Pour l’une d’elles, c’était son premier deuil véritablement intime. Il y a eu une cérémonie religieuse, avec le cercueil et tout ce qui l’entoure. C’était une cérémonie belle, empreinte d’amour et d’émotion.
Lorsque le cercueil est passé près de moi, tous mes souvenirs enfouis ont refait surface. On croit parfois avoir tout réglé, mais il suffit d’un instant pour que la mémoire se réveille et nous rappelle ce qui n’a pas encore été apaisé.
Depuis, je me pose mille questions. À la sortie de la cérémonie, j’ai demandé à mon conjoint comment éviter de faire vivre cela à nos enfants. La vérité, c’est qu’il n’y a pas de solution simple.
Je me demande pourquoi notre façon de dire adieu doit être si lourde, si triste. À la naissance d’un enfant, nous célébrons ensemble, entourés de joie. Je ne dis pas qu’il faut « fêter » le départ d’une personne aimée, mais la mort est tout aussi naturelle que la naissance. Pourquoi ne pas l’aborder avec davantage de douceur, de présence, d’humanité ?
Peut-être pourrions-nous imaginer d’autres rituels de départ. Par exemple, lorsqu’il est encore possible de le faire, partager un repas avec la personne, comme à Noël. Se réunir, évoquer de beaux souvenirs, ou simplement être ensemble une dernière fois. Puis, après la mort, vivre les étapes nécessaires en famille rapprochée, dans un climat plus intime et plus vrai.
Trop souvent, lorsque la maladie frappe, la famille est entourée, soutenue, accompagnée. Mais une fois tout terminé, au moment où l’on aurait le plus besoin de chaleur humaine, il n’y a plus personne.
Je sais que je ne peux pas transformer les traditions ou les usages. Mais si je peux offrir une différence, même petite, aux familles qui me feront confiance, alors j’aurai accompli ma mission.
Anne-Lily Archambault, Accompagnante fin de vie certifiée. Rédactrice pour l'École Isabelle Pitre Coaching Inc.
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